François Adam (Picadeli) : « À partir de 20 salades par jour, le concept devient rentable »
- Emilie Van De Poel
- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
INTERVIEW - Avec plus de 50 points de vente au BeLux, 700 000 repas vendus par an et une croissance annoncée de 40 %, Picadeli se positionne comme un modèle rentable pour les retailers. François Adam, deputy country manager de Picadeli BeLux, détaille la stratégie et les perspectives du pionnier suédois des salad bars connectés sur le marché belge.

Avec 2 200 implantations dans le monde et un chiffre d’affaires global supérieur à 200
millions d’euros, Picadeli mise sur un positionnement clair : rendre la restauration rapide
plus verte, plus flexible et plus rentable pour les retailers. Avec 43 implantations en Belgique
et une croissance à deux chiffres, Picadeli s’impose progressivement comme un levier de
différenciation et de rentabilité pour les retailers belges. François Adam, deputy country manager de Picadeli BeLux, détaille la stratégie et les perspectives. Entretien.
Gondola Foodservice : Pus de 5 millions d’euros de ventes annuelles. Cela reflète la performance commerciale Picadeli BeLux ou la valeur retail créée pour les enseignes ?
François Adam : Ce montant correspond à la valeur retail générée par les supermarchés grâce au concept Picadeli, c’est-à-dire le chiffre d’affaires réalisé en magasin au prix de revente au consommateur. En 2025, 75 % de cette valeur a été générée en Belgique et 25 % au Luxembourg.
Combien de salades sont vendues en moyenne par jour et par magasin sur le territoire belge ?
En Belgique, un point de vente vend en moyenne 50 salades par jour, soit environ 300 par
semaine. Certains emplacements stratégiques, comme les gares, peuvent générer jusqu’à
huit fois plus de volume qu’un point de vente standard. Picadeli ne cible pas les magasins
purement résidentiels : le concept est pensé pour des environnements à flux soutenu et
régulier, condition indispensable pour garantir la rotation, optimiser la rentabilité et limiter
les pertes.
Votre croissance de 40 % est-elle tirée par l’expansion du réseau ou par la performance
des points existants ?
Nous avons une croissance des points de vente existants. Le magasin situé à la Gare du
Midi affiche encore plus de 20 % de croissance après deux ans, malgré un volume déjà
important. Mais l’essentiel de la croissance provient des nouvelles ouvertures. La dernière
implantation a été réalisée à Anvers, dans un Carrefour Express à Berchem Station. »
À partir de quel volume un salad bar Picadeli devient-il rentable pour un magasin ?
Nous ne communiquons pas sur la marge exacte, mais elle est confortable pour le magasin et plus élevée que sur les salades préemballées. Nous mettons à disposition le bar et vendons la marchandise. Le magasin s’occupe du remplissage et du nettoyage. Les salades sont vendues au poids, généralement autour de 17,9 €/kg (TTC), et le consommateur paie en fonction de la quantité qu’il compose.
Cela permet une bonne maîtrise de la marge pour le point de vente, contrairement à un prix fixe au bol où le client a tendance à surcharger son contenant, ce qui pénalise la rentabilité. Cela devient économiquement intéressant à partir d’environ 20 salades par jour, ou environ 180 par semaine.
Comment est organisée la logistique et la fréquence d’approvisionnement des points de
vente ?
Les livraisons ont lieu deux à trois fois par semaine, avec un franco fixé à 250 euros. Cette
fréquence permet de garantir la fraîcheur des produits tout en limitant au maximum les
invendus. Nous ciblons des points de vente à forte fréquentation afin d’assurer une rotation
rapide des produits.
Comment assurez-vous concrètement la rentabilité des points de vente et la maîtrise des
pertes ?
La rentabilité repose d’abord sur la rotation. Nous ciblons des emplacements à forte
fréquentation – centres-villes, gares, zones de bureaux, stations-service – et livrons deux à
trois fois par semaine, avec un franco fixé à 250 euros, afin de garantir la fraîcheur et de
limiter les invendus.
Nous utilisons le système Arctic X, qui combine refroidissement innovant et traçabilité
digitale. Chaque barquette est scannée à l’ouverture : une DLC avant et après ouverture est
automatiquement gérée, avec un compte à rebours visible en temps réel sur le terminal de
l’opérateur. Cela simplifie fortement le travail en magasin : plus de traçabilité papier
chronophage, les températures étant enregistrées en continu dans le cloud.
Le dispositif repose sur un double système de froid, sous les barquettes et en flux laminaire
au-dessus, complété par des hottes auto-fermantes. L’objectif est de simplifier le travail en
magasin, de garantir la traçabilité et de limiter les pertes. Nous ne communiquons pas de
chiffre précis sur la réduction du gaspillage, mais la technologie permet de maximiser la
durée de vie des produits après ouverture.
Quelle est votre stratégie d’implantation au BeLux pour 2026 ?
Nous ciblons en priorité les lieux à forte fréquentation : centres-villes, zones de bureaux,
gares, aéroports, stations-service, ainsi que les hôpitaux et campus universitaires. Nous ne
nous installons pas dans des magasins résidentiels. Le développement passe également par
le foodservice, via des partenariats avec des universités et des cantines, où les volumes
peuvent être importants.
L’objectif est de poursuivre notre croissance de manière opportuniste en Belgique et au Luxembourg. Nous discutons également avec des marchés encore peu développés, notamment aux Pays-Bas. De nouvelles implantations sont envisagées en 2026, en fonction des opportunités.




