En valeur, la croissance du foodservice surpasse celle des ventes alimentaires en magasins
- Gondola Foodservice

- il y a 4 jours
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Les Européens délaissent peu à peu leurs fourneaux pour privilégier l'expérience et la rapidité du "prêt-à-consommer". L’analyse des indicateurs de performance révèle ainsi que le secteur du foodservice surclasse encore la distribution alimentaire classique.

Le nouveau rapport State of Grocery Retail Europe 2026, signé McKinsey et Eurocommerce, souligne qu’après une période de forte inflation, les consommateurs européens commencent à privilégier la commodité et le gain de temps sur les économies strictes.
Aux côtés de la baisse du « cook from scratch » associée à la hausse du « food-to-go », d’une moindre sensibilité au prix et d’une plus grande attention accordée à la saveur, l'analyse des indicateurs de performances du marché laisse apparaître des perspectives très positives pour le secteur du foodservice en Europe.
Croissance supérieure au grocery retail
La première observation majeure est que le foodservice surpasse la vente de produits alimentaires en magasin en termes de croissance de la valeur. En 2025, le foodservice affiche +4,3 % en moyenne par rapport à 2024, contre seulement 3,4 % pour le commerce de détail alimentaire global.
Cela semble indiquer que les consommateurs européens privilégient davantage la consommation immédiate et les repas préparés (hors foyer) par rapport à l'achat d'ingrédients pour cuisiner chez soi.
Boom du marché en Europe de l'Est
Le secteur du foodservice connaît une croissance en valeur remarquable dans les pays d'Europe centrale et orientale. La Pologne se présente comme le marché le plus dynamique avec une croissance de 11,9 % en 2025 et une progression de 106,7 % depuis 2019. La République Tchèque signe une progression elle aussi solide de 6,2 % (vs 2024) et 47,9 % (vs 2019). À titre de comparaison, la Belgique enregistre respectivement +3,3% et +52,3%.
Les régions de l’Est représentent dès lors des zones d'investissement pour les chaînes de restauration et les acteurs de la vente à emporter, portées par une hausse du pouvoir d'achat et un changement des habitudes de consommation.
Innovation vs tradition
Royaume-Uni (+7,2 %) et Pays-Bas (+4,9 %) restent très porteurs pour la restauration. La France (+4,4 %) se situe exactement dans la moyenne européenne, montrant une croissance stable et robuste. Allemagne (+1,8 %) et Italie (+1,8 %) sont les deux marchés où la croissance du foodservice est la plus faible pour 2025.
Là-bas, les acteurs du foodservice devront être plus compétitifs ou innovants pour capter une croissance plus rare, peut-être en raison d'une plus forte tradition de cuisine à domicile ou d'une sensibilité accrue aux prix.
Résilience et rattrapage post-pandémie
Les chiffres par rapport à 2019 montrent que le secteur a non seulement surmonté les crises passées, mais qu'il s'est élargi. En moyenne, le marché européen a progressé de 34,5 % en valeur depuis 2019.
La restauration hors domicile constitue un pilier structurel de l'économie alimentaire européenne, et non une simple variable d'ajustement.
L'effet « valeur » vs « volume »
Si l'on compare la croissance du foodservice à la croissance de la valeur déflatée du retail (-0,5 % en moyenne européenne), on comprend que le consommateur est prêt à payer une prime pour la commodité (service, préparation, gain de temps).
Alors que les volumes d'achats en supermarché stagnent ou baissent en termes réels (ajustés de l'inflation), les dépenses dans les restaurants et les points de vente à emporter continuent de progresser en valeur réelle.
🟠 Pourquoi c'est important
Pour les acteurs du marché quels qu'ils soient, l’enjeu est désormais double : investir sur les marchés émergents d’Europe de l’Est (Pologne en tête) et/ou repenser l’offre en Europe de l’Ouest pour justifier une prime à la commodité. Celui qui maîtrisera le gain de temps maîtrisera le marché.
Au-delà des pourcentages, ces chiffres racontent une transformation de nos modes de vie. L'Europe délaisse peu à peu la corvée de la préparation pour privilégier l'expérience et l'immédiateté.
Cette "foodservicisation" montre que le succès ne se mesure plus au volume de produits vendus en rayon, mais à la capacité des marques à s'inviter avec agilité dans le quotidien, souvent nomade, des consommateurs.





