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« C’est hallucinant » : le gouvernement ne sait pas encore comment va s'appliquer sa hausse de TVA

Navigation à vue au fédéral : le ministre des Finances a concédé, en plein débat parlementaire, ne pas mesurer la portée réelle de sa propre réforme fiscale. Interrogée sur l'impact précis de la hausse de la TVA à 12% pour les cantines scolaires et les maisons de repos, la majorité a dû admettre un vide juridique total, se montrant ouverte pour en produire les textes de loi aux bons conseils... de l'opposition.

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C'est un aveu de méconnaissance qui a surpris l'assemblée : le gouvernement De Wever impose une hausse de la TVA de 6 à 12% sur la livraison de repas sans savoir si elle aura des retombées et de quelle ampleur sur les assiettes des collectivités. Sommé de s'expliquer, le banc ministériel a botté en touche, révélant qu'une réforme fiscale majeure a été décidée sans que ses contours exacts ne soient définis.


Hugues Bayet (PS) a dénoncé une « augmentation de taxes sur la consommation » malgré les promesses contraires du MR qu'il n'y aurait pas de levée de nouveaux impôts. Le député socialiste, qui cumule avec le maïorat de Farciennes, a notamment pointé les risques auxquels cela exposerait les bénéficiaires des cuisines professionnelles : « Pouvez-vous me confirmer que la grande majorité de nos grands-parents qui vivent dans des homes vont voir leur repas de midi, leur repas principal, augmenter de 6%? Qu'en est-il de nos enfants, dans les écoles maternelles et primaires? Les repas livrés dans nos écoles communales vont-ils également augmenter de 6%? » Des interrogations faisant écho aux craintes légitimes de nombre de traiteurs et d'entreprises de restauration collective.


Interpellé, le chef de groupe MR Benoît Piedboeuf, qui est aussi bourgmestre de Tintigny, a reconnu s'être posé les mêmes questions. Mais il a aussi dû concéder ne pas disposer de réponse. Il a reproché à l’opposition de vouloir des détails impossibles à fournir à ce stade. « Vous êtes des indécrottables. Les décisions générales ont été prises pendant la nuit de dimanche à lundi. Nous savons que les propositions de texte suivront. Nous savons que nous allons les débattre en commission et que nous les voterons. Par conséquent, vous cherchez à obtenir les réponses à toutes les modalités que l'on n'a pas encore fixées. Vous n'êtes pas raisonnables », a répliqué le député libéral.


Arrivé dans le courant de cette petite passe d'armes, Jan Jambon (N-VA) a confirmé qu’il ne s’agissait pour l’heure que d’une « décision de principe », le gouvernement devant encore rédiger le texte de loi. Le ministre des Finances a cru bon de préciser qu' « un grand nombre de questions doivent encore être traitées » et que les points que le député Bayet soulevait étaient utiles. « Nous les évaluerons au moment de la rédaction du texte. »


« C’est hallucinant ! », a fustigé Hugues Bayet, laissant entendre que l’amateurisme prévalait dans un exécutif fédéral, qu’on avait qualifié de « gouvernement d’ingénieurs », dont l’accord budgétaire reposerait manifestement « sur rien du tout ».


« La plus belle preuve est qu’il vous a fallu de nombreux mois pour accoucher du budget 2026. Aujourd’hui, vous nous expliquez que les tableaux budgétaires transmis ne sont peut-être pas fiables car ‘on ne sait pas et on verra bien demain’. C'est le principe général. Vous savez aussi que, lorsque Sodexo, ou une autre entreprise, viendra livrer les repas dans vos écoles vous devrez payer 6 % de plus », a regretté le parlementaire socialiste, s’indignant face à ce qui ressemble pour lui à une attaque politique contre les moins nantis.




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