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La TVA sur le take-away ne sera pas renégociée avant l’été, selon Georges-Louis Bouchez

Dernière mise à jour : il y a 15 heures

Le président du MR n’a pas changé sa ligne de front sur le chantier budgétaire et s’oppose toujours catégoriquement à une hausse de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Au prochain monitoring prévu ce mois-ci, les comptes seront votés en l’état, selon lui, dans leur imperfection, avant de réentamer « une large négociation à l’été » où le gouvernement devra trouver 4 milliards d’euros.


« Il ne faut aucun accord TVA pour mars », a affirmé George-Louis Bouchez dans une interview accordée au journal Le Soir. Le rapport du Comité de monitoring, qui brosse généralement l’état du budget, est attendu le lundi 16 mars prochain. Le gouvernement fédéral doit donc se réunir pour assurer le contrôle budgétaire. Ce n’est pas un secret, l’exécutif explore de nouvelles recettes pour maintenir la trajectoire comptable sur la bonne voie. Pas une mince affaire, le Premier ministre a déjà évoqué 4 milliards d’euros d’économies supplémentaires.


Ce que le président du MR prend comme base de travail et argument pour « globaliser les négociations » en été, car le désaccord reste « absolu » avec Bart De Wever (N-VA) à propos de la TVA. Les réformateurs ont émis une fin de non-recevoir quant à une éventuelle augmentation de la taxe, même via une harmonisation des taux de de 6 et 12 % à 9 %. « Créer 400 millions d’euros de fiscalité supplémentaire sur la consommation, ce n’est pas acceptable », a-t-il estimé, surtout s’il n’est pas envisagé de réduire la charge sur les revenus du travail.


« Il n’a jamais été question de toucher aux cantines scolaires »


Concernant les plats à emporter, dont la nouvelle imposition a été retoquée par le Conseil d’État, Georges-Louis Bouchez plaide pour une formule à la Française, que « le ministre des Finances trouve compliquée » et tient à nuancer le fait qu’ « il n’a jamais été question de toucher les cantines scolaires et les plats préparés dans les grands magasins. Non, l’idée c’était de viser le plat que l’on se fait livrer, la pizza qui arrive par camionnette, le livreur Uber, Deliveroo qui arrive à vélo… »


Et, alors que la diminution de TVA sur les boissons non alcoolisées a été abandonnée, le président du MR propose de baisser les accises… sur l’acool. Il considère que la mesure est nécessaire pour éviter les achats transfrontaliers et produire la recette en Belgique plutôt qu’au Luxembourg par exemple. « Les accises n’ont plus véritablement d’impact » sur les consommateurs d’alcool, affirme-t-il, tenant le même raisonnement pour le tabac. Une position qui plaira certainement à l'industrie, et assurément moins à son partenaire fédéral en charge de la Santé publique.


Enfin, pour l’échéance du prochain contrôle dans deux semaines, Georges-Louis Bouchez garde pour solution de voter le budget « tel qu’il est, avec ses défauts, et pour le reste, il faut un accord pour l’été ».


Encore une bataille budgétaire non pas remportée mais reportée ?


Si le report des négociations sur ce tax shift de la consommation se confirme, cela offre un répit temporaire au pouvoir d'achat dans un climat marqué par des risques inflationnistes.

Les coursiers Deliveroo et UberEats ainsi que les restaurants qui dépendent d'eux, restent dans une période d’attente vigilante. L'accent mis sur une taxation spécifique à la livraison signale néanmoins la possibilité d'une nouvelle ère dans la régulation de l'économie numérique. Dans un secteur déjà sous pression en raison des coûts de l’énergie et des salaires, la stabilité au moins jusqu’à l’été s'avère déterminante.


En refusant un arrangement hâtif en mars, le président du MR impose une planification financière agile tant pour l'Arizona que les entreprises. La Belgique fait face à un manque conséquent. Si la TVA est politiquement intouchable au printemps, les négociations estivales risquent de se (re)transformer en véritable cocotte-minute. Les marchés, les lobbys et les partenaires de coalition seront rivés aux discussions.


Cette dissonance au sein du gouvernement fédéral ravive la question fondamentale : les dirigeants politiques doivent-ils augmenter les taxes sur la consommation ou alléger la charge pesant sur le travail pour stimuler la compétitivité ?



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