top of page

Factures d’énergie et d’informatique plus salées que prévu, Sligro accuse le coût

Sur un marché troublé par la géopolitique, le premier grossiste foodservice des Pays-Bas prévoit une hausse de ses coûts d’énergie d’au moins 500.000 euros par mois. À cela s’ajoute un effet comptable indésirable : Sligro Food Group doit requalifier les dépenses pour son nouvel ERP, passant d’investissement à charges opérationnelles. Ce qui risque d’amputer ses résultats 2026 de 12 millions d’euros.

© SLIGRO FOOD GROUP
© SLIGRO FOOD GROUP

C’est donc un contrat SaaS ! Après de longues discussions avec ses auditeurs, le grossiste Sligro en est arrivé à la conclusion que son nouvel ERP, l’écosystème logiciel centralisant toutes les données et processus de l’entreprise, relevait d'un service cloud. « Selon les normes IFRS, cela nécessite un traitement comptable différent de celui initialement prévu et intégré dans nos plans pour la période 2026-2030 », explique l’annexe des résultats trimestriels communiqués ce jeudi par le CEO Koen Slippens et le CFO Rob van der Sluijs.


Il ne s’agit pas d’un détail mais d’un impact négatif notable pour la rentabilité opérationnelle du premier wholesaler dédié à la restauration des Pays-Bas. La conséquence est que la majorité du budget alloué à cette transformation numérique doit désormais être considérée comme des charges opérationnelles (Opex) plutôt que comme des dépenses d'investissement (Capex).


« Cela impactera l'EBITDA 2026 à hauteur de 12 millions d'euros, celui de 2027 de 9 millions d'euros et celui de 2028 de 4 millions d'euros », estime Fernand de Boer, Senior Equity Analyst chez Degroof-Petercam. Mais ce dernier insiste sur une nuance positive : « Cela n'a aucun impact sur les flux de trésorerie et cela signifie un bénéfice net plus élevé au-delà de 2028, car il n'y aura plus d'amortissement de logiciel. »


Environnement de marché complexe


Les performances au premier trimestre de Sligro montrent une entreprise en légère croissance qui navigue dans un environnement de marché complexe. Par rapport à la même période en 2025, le chiffre d'affaires total s'établit à 578 millions d'euros, soit une hausse de 4 millions d'euros (+0,7 %). Aux Pays-Bas, le grossiste revendique une meilleure tenue que le marché avec une croissance de 0,8% à 492 millions d'euros. En Belgique, le compteur reste stable à 86 millions.


Le patron et le directeur financier de Sligro évoquent plusieurs facteurs externes pour expliquer ce début d’année « long au démarrage ». Une météo défavorable d'abord, l'hiver rigoureux ayant incité les consommateurs à rester chez eux en janvier, ce qui a entraîné une baisse des volumes. Suivi d'un effet de calendrier, avec un carnaval précoce en février qui a eu peu d'impact. Mais le beau temps de mars a permis un redressement partiel.


Le wholesaler observe une pression sur la consommation. Les clients existants achètent en moindres quantités. « C’est particulièrement évident parmi nos plus gros clients en livraison, mais surtout parmi les plus petits professionnels de l'alimentation locale dans le secteur du libre-service », épinglent le CEO et le CFO. Sligro dit compenser cette baisse par l'acquisition de nouveaux clients régionaux et de nouveaux contrats de livraison.


Jusqu’à 1 million d’euros de surcoûts énergétiques… chaque mois


L'entreprise doit en outre composer avec à une hausse de coûts structurels qui affecte ses activités. Koen Slippens et Rob van der Sluijs pointent l'instabilité géopolitique, particulièrement au Moyen-Orient.


« Sur la base des niveaux de prix de l'énergie à la fin du mois de mars, la hausse des coûts énergétiques devrait entraîner des coûts supplémentaires de 0,5 à 1,0 million d'euros par mois », détaillent-ils, prévoyant de les répercuter partiellement cela sur le marché.


Cela dit, Sligo constate les premières hausses de prix de la part de ses fournisseurs, ce qui devrait accélérer l'inflation. « Il n'y a pas de perspectives chiffrées. La question principale demeure la réaction des consommateurs face aux prix élevés de l'essence », souligne l’analyste de Degroof-Petercam.


bottom of page