Uber Eats entre dans l’écosystème Amazon Prime : une guerre de territoire pour contrer DoorDash
Grâce à ce partenariat qui intègre Uber Eats à l’offre aux États-Unis, les membres Prime peuvent désormais commander des repas directement depuis Amazon, avec des frais de livraison offerts à partir de 25 dollars. Un signal fort pour un marché déjà dominé par DoorDash.

Une intégration sans couture, au service du volume. Amazon Prime a officiellement remplacé Grubhub par Uber Eats, accueillant la plateforme directement dans son écosystème. Le dispositif est immédiatement disponible dans près de 10 000 villes et communes américaines. Les abonnés Prime commandent sans créer de compte Uber ni installer d’application supplémentaire, en utilisant leurs identifiants et moyens de paiement Amazon.
Pour séduire encore davantage, le géant de Seattle joue sur les promos : 20 dollars de réduction sur les premières commandes, 5 % de cashback provisoire via la Prime Visa, et une promesse de bonne affaire. La plateforme estime les économies pour ses membres à « plus de 175 dollars par an », soit davantage que le coût de l'abonnement annuel Prime, à 139 dollars. L'ancien avantage Grubhub+, actif depuis 2022, a pris fin le jour même de l'annonce.
L'offensive d'Uber pour combler l'écart
Pour Uber, l'enjeu est de s'offrir un canal d'acquisition direct et massif sans exploser ses coûts marketing. Le retard à rattraper est conséquent : selon les données de Consumer Edge citées par Yahoo! Finance, le spécialiste de la livraison de repas DoorDash représentait 59 % des dépenses sur les applications delivery au troisième trimestre, contre 18 % pour Uber Eats.
Le partenariat donne à Uber Eats une visibilité directe au sein d’Amazon, tout en conservant sa sélection de « centaines de milliers de restaurants ». Cité par le site IBS, l’analyste Scott Devitt, du cabinet Rosenblatt, a abaissé son objectif de cours sur DoorDash, jugeant ce partenariat très « négatif » pour le leader et l'estimant « susceptible de modifier durablement la concurrence américaine de la livraison de repas ».
Des limites opérationnelles et une consolidation inévitable
Par ailleurs, le seuil de 25 dollars pour la livraison offerte limite considérablement l'intérêt pour les déjeuners individuels. La promesse de gratuité comporte des limites. Les observateurs du marché soulignent que les frais de service, pourboires, taxes locales et majorations de menus restent à la charge du client.
Cet accord survient peu après l'annonce par DoorDash d'un « projet d’acquisition d’Instacart pour 17 milliards de dollars ». Ces mouvements confirment une tendance: face à la guerre des parts de marché, la survie des agrégateurs passe désormais par l'intégration au sein de vastes écosystèmes de fidélité.
Au-delà du duel entre plateformes, l’enjeu pour les restaurateurs est la distribution : la possibilité de se rendre accessible depuis une application de commerce quotidien, sans friction d’inscription.





