DoorDash se rapproche d’Instacart : un rachat à 17 milliards $ en discussion
Les deux géants américains seraient proches d'un accord qui pourrait être scellé dès cette semaine, selon le The Wall Street Journal. Les discussions avancées valoriseraient la plateforme de livraison de courses autour de 17 milliards de dollars. Mais rien n’est garanti. Si Uber s'est retiré des négociations, l'opération marquerait une consolidation majeure du secteur.

Les cartes de la livraison à la demande et du quick commerce pourraient encore être prochainement rebattues. DoorDash et Instacart négocient un rapprochement qui pourrait être annoncé dès cette semaine. Le Wall Street Journal rapporte, sur la base de sources proches du dossier, des négociations avancées entre les deux entreprises. Le quotidien évoque une valorisation d’environ 17 milliards de dollars, tout en précisant que les échanges peuvent encore échouer.
À ce stade, il s’agit de discussions rapportées par la presse, et non d’une acquisition annoncée. L’échéance évoquée concerne un éventuel accord cette semaine : elle ne permet pas de conclure que les étapes nécessaires à la réalisation de l’opération seraient achevées.
Uber s’est retiré des discussions
Le marché bruissait de rumeurs depuis la fin de semaine dernière. Cette accélération intervient après les révélations de The Information. Selon les informations reprises par Reuters, Instacart explorait une vente et avait engagé des discussions préliminaires avec plusieurs acquéreurs potentiels, dont DoorDash et Uber.
Bloomberg a précisé qu’Uber avait quitté les négociations. D’après une personne informée du dossier citée par l’agence, les deux parties ne discutaient plus. Le groupe ne peut donc pas être présenté comme un candidat actif sur la seule base des premières informations.
Contacté vendredi par Reuters, Instacart avait refusé de commenter. Uber et DoorDash n’avaient pas répondu aux sollicitations de l’agence. L’action Instacart avait terminé cette séance en hausse d’environ 9%, après les premières révélations concernant une possible vente.
Courses et repas, des activités voisines
Pour les acteurs belges du foodservice, l'intérêt de cette potentielle fusion dépasse la simple addition de flottes de coursiers. L’attrait stratégique pour DoorDash réside dans la profondeur de l'écosystème développé par Instacart. Ce dernier n'est pas qu'un opérateur logistique : il pilote une place de marché robuste réunissant de nombreux distributeurs alimentaires, de solides relations commerciales et, surtout, une activité publicitaire hautement monétisable.
Comme le souligne le cabinet Wedbush, cette opération permettrait à DoorDash de consolider ses positions sur le segment très disputé des courses alimentaires. Cette concentration technologique annonce des rapports de force repensés pour les marques et les distributeurs, une dynamique de marché globale dont les décideurs belges doivent dès à présent anticiper l'impact.
Reuters souligne qu’un rapprochement avec DoorDash ou Uber pourrait attirer l’attention des autorités de concurrence, en renforçant des plateformes importantes dans la livraison alimentaire.
La concurrence reste un point d’attention
Ce rapprochement a pourtant un indéniable air de déjà-vu. En 2021, les deux entreprises avaient déjà entamé des pourparlers similaires. À l'époque, la valorisation d'Instacart était estimée entre 40 et 50 milliards de dollars, des sommets depuis largement corrigés à la baisse par la conjoncture économique. Si le prix de 17 milliards de dollars apparaît nettement plus rationnel aujourd’hui, un obstacle de taille demeure inchangé : l'examen par les autorités antitrust.
En 2021, les inquiétudes liées au droit de la concurrence avaient justement été l'une des causes principales de l'échec des discussions. Il convient donc de rester particulièrement prudent. Si le WSJ indique qu'un accord de principe pourrait être conclu dans les prochains jours, la finalisation globale d'une telle acquisition prendrait de longs mois, suspendue au feu vert toujours incertain des régulateurs.





