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TVA Horeca : « L’État espère des recettes, il récoltera fermetures et pertes d’emplois »

il y a 7 heures
3 min de lecture
Hôtellerie, restauration et cafés mettent en garde le gouvernement fédéral contre toute nouvelle hausse de TVA. Selon Horeca Brussels, la Brussels Hotels Association et la Fédération HoReCa Wallonie, le secteur, encore fragile après le Covid et déjà éprouvé par le doublement de la TVA sur les nuitées, n’a plus la capacité d’absorber une nouvelle charge fiscale.

Inspiration libre du communiqué commun TVA HORECA : LE RISQUE D’UNE NOUVELLE CASSE SOCIALE, de Horeca Brussels, Brussels Hotels Association et Fédération HoReCa Wallonie. © GONDOLA FOODSERVICE
Inspiration libre du communiqué commun TVA HORECA : LE RISQUE D’UNE NOUVELLE CASSE SOCIALE, de Horeca Brussels, Brussels Hotels Association et Fédération HoReCa Wallonie. © GONDOLA FOODSERVICE

Le gouvernement fédéral recherchant avidement de nouvelles recettes, les trois fédérations régionales demandent l’exclusion explicite de l’horeca de toute nouvelle mesure de TVA. Leur message est sans détour : une hausse supplémentaire pourrait entraîner des fermetures, des réductions d’horaires, des pertes d’emplois et un ralentissement des investissements dans un secteur qui emploie plus de 150 000 salariés en Belgique et rassemble plus de 27 000 entreprises.


« Une nouvelle augmentation nous replongerait dans une situation d’urgence »


Leur argument central repose sur la hausse de la TVA applicable aux nuitées, passée de 6% à 12% le 1er mars 2026. Selon le communiqué conjoint, les prix des hôtels bruxellois sont restés, dans les six mois suivants, jusqu’à 15% sous le niveau qui aurait permis de couvrir à la fois cette hausse et l’inflation.


« Depuis mars, les hôtels absorbent un doublement de la TVA que le marché ne leur permet pas de répercuter », affirme Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels Association. « Une nouvelle augmentation nous replongerait dans une situation d’urgence que nous pensions avoir laissée derrière nous après le Covid. »


Les fédérations citent également le cas néerlandais, où la TVA sur l’hébergement est passée de 9% à 21% en janvier 2026. Elles rapportent une baisse de 11,6% de l’occupation hôtelière au premier trimestre, et de 15,6% dans les régions frontalières, ainsi qu’un recul de 2,5% du prix moyen des chambres hors TVA.


« Taxer un secteur à 2% de marge, c’est un calcul perdant »


Au-delà de l’hôtellerie, l’avertissement vise l’ensemble de la filière. Restaurants et cafés font déjà face à une fiscalité jugée incohérente : repas consommés sur place taxés à 12%, boissons à 21%, alors que les boissons non alcoolisées ne sont taxées qu’à 6% en grande surface.


Les fédérations avancent une marge médiane de seulement 2%, dans un contexte de coûts salariaux, énergétiques et d’approvisionnement élevés, auquel s’ajoutent les taxes régionales et communales. « Taxer un secteur à 2% de marge, c’est un calcul perdant », estime Matthieu Léonard, président de Horeca Brussels. « L’État espère des recettes, il récoltera des fermetures, des pertes d’emplois et des allocations à payer. »


Pour les exploitants, l’alternative serait particulièrement étroite : répercuter la hausse sur les prix au risque de perdre de la fréquentation, ou l’absorber en sacrifiant trésorerie et rentabilité.


« Tout un réseau de fournisseurs, de producteurs et de travailleurs locaux »


Les signataires insistent sur l’effet d’entraînement des hôtels sur l’économie locale : restaurants, cafés, taxis, commerces, organisateurs de congrès et prestataires événementiels. La disparition d’un établissement, écrivent-ils, appauvrit « tout un réseau de fournisseurs, de producteurs et de travailleurs locaux ».


En Wallonie, la Fédération HoReCa souligne que le prix moyen des chambres recule depuis mars, signe, selon elle, que les entreprises absorbent elles-mêmes la charge fiscale. « Une nouvelle hausse de TVA serait extrêmement dommageable », prévient sa présidente, Nathalie Laurent, en évoquant des fermetures accélérées et des pertes d’emplois dans l’ensemble de la filière touristique et Horeca.


Demandes claires


Les fédérations formulent trois demandes : renoncer à toute nouvelle hausse de TVA dans l’hôtellerie, la restauration et les cafés ; soutenir l’activité et l’emploi, notamment via une fiscalité plus cohérente sur les boissons non alcoolisées servies en établissement ; et réaliser une véritable évaluation d’impact préalable avec les représentants du secteur.


Leur conclusion? L’Horeca ne doit pas devenir « une variable d’ajustement budgétaire ». À leurs yeux, affaiblir un secteur déjà sous tension pour combler un déficit à court terme serait un calcul dangereux.

 
 
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