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Starbucks x Chipotle: vous prendrez bien un burrito avec votre americano?

il y a 7 heures
3 min de lecture
L’information est à prendre avec la même précaution qu'un café chaud que viendrait de servir un barista au tablier vert. Mais il s'agit d'une piste de consolidation majeure dans le foodservice américain.

Le CEO Brian Niccol lors de la présentation du plan stratégique Back To Starbucks. © STARBUCKS
Le CEO Brian Niccol lors de la présentation du plan stratégique Back To Starbucks. © STARBUCKS

Starbucks aurait examiné ces derniers mois un projet d’acquisition de Chipotle Mexican Grill, selon le Financial Times. Encore exploratoire, l’opération réunirait deux des marques emblématiques de la restauration américaine et constituerait, si elle aboutissait, la plus importante transaction réalisée dans le secteur.


La chaîne de cafés à la sirène aurait travaillé avec des conseillers sur une éventuelle offre visant Chipotle, chaîne américaine spécialisée dans les burritos et la restauration mexicaine. La valeur boursière de Chipotle avoisine actuellement les 40 milliards de dollars. À ce stade, aucune offre formelle n’aurait toutefois été confirmée et pourrait ne jamais l'être. Une telle opération dépasserait largement le précédent établi en 2014 par le rachat de Tim Hortons par Burger King, pour 11,4 milliards de dollars. Elle interviendrait également dans un contexte de regain des grandes opérations de fusion-acquisition aux États-Unis.


Un projet lié à Brian Niccol


L’hypothèse est d’autant plus commentée qu’elle rapprocherait Brian Niccol de l’entreprise qui a contribué à faire sa réputation. L’actuel CEO de Starbucks a dirigé Chipotle pendant plus de six ans, jusqu’en août 2024. Il y avait piloté un redressement majeur après la crise de sécurité alimentaire qui avait fragilisé la chaîne.


Depuis son arrivée chez Starbucks, Brian Niccol conduit le plan « Back to Starbucks », destiné à relancer les ventes et à améliorer l’expérience en magasin. La stratégie prévoit notamment de renforcer les équipes de baristas, d’accélérer le service, de réintroduire certains produits et de rénover les cafés.


Deux anciens cadres de Chipotle ont par ailleurs rejoint Starbucks : Tressie Lieberman au marketing et Stephen Piacentini au développement du réseau de cafés. La présence de cette équipe alimente l’idée d’une proximité stratégique entre les deux groupes, même si elle ne constitue pas en soi une confirmation d’un projet de rachat.


Deux réseaux, deux occasions de consommation


Le rapprochement présenterait une logique de diversification pour Starbucks. Le groupe exploite environ 41 000 établissements détenus en propre ou sous franchise, tandis que Chipotle compte quelque 4 200 restaurants, principalement aux États-Unis. Ensemble, les deux enseignes auraient généré près de 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier.


Les réseaux répondent à des moments de consommation différents. Starbucks est fortement positionné sur le café, le petit-déjeuner, le goûter et la consommation à emporter. Chipotle se concentre davantage sur le déjeuner et le dîner, avec une offre personnalisable de burritos, bowls, tacos et salades.


Cette complémentarité pourrait permettre à un groupe combiné de mieux répartir ses activités au cours de la journée. Elle ne doit toutefois pas masquer les différences entre les deux modèles : Starbucks est un réseau mondial mêlant magasins en propre et établissements sous licence, alors que Chipotle exploite presque exclusivement des restaurants détenus directement aux États-Unis.


Le risque d’une intégration complexe


Au-delà du prix, l’intégration représenterait un défi considérable. Starbucks et Chipotle possèdent des cultures opérationnelles différentes, des formats distincts et des géographies qui ne se recouvrent pas complètement.


Starbucks dispose d’une implantation mondiale et d’une organisation lourde, avec des milliers de magasins sous licence. Chipotle est beaucoup plus concentré sur le marché américain et repose sur un modèle de restaurants détenus et opérés directement. La constitution d’un groupe commun ne garantirait donc pas automatiquement des synergies importantes.


L’opération pourrait aussi exposer Starbucks à un risque de dispersion managériale. Le groupe cherche actuellement à restaurer la fréquentation et la rentabilité de son réseau de cafés. Ajouter une acquisition de plusieurs dizaines de milliards de dollars pourrait compliquer cette mission plutôt que l’accélérer.





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