Seoul South Station entre en gare de Bruges : déjà un cinquième arrêt pour le concept belge
- François Remy

- il y a 2 jours
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Après Louvain, Gand, Bruxelles, la jeune enseigne belge dédiée à la street food coréenne poursuit son maillage du territoire avec une nouvelle implantation stratégique, voire symbolique.

L'expansion de Seoul South Station va bon train. Fondée il y a quatre ans par Filip Kuzminski (27 ans), l'enseigne revendique près d'un million de plats vendus, dont 400 000 unités rien que pour son produit phare, le Busan Bowl. Et, après la populaire Alfons Smetsplein de Louvain, la très animée Overpoortstraat du quartier universitaire gantois, le hall commerçant de Bruxelles-Central et l'emblématique rue du Bailli dans la capitale, SSS entre en gare de Bruges.
Un choix d’emplacement qui s'inscrit dans une stratégie de ciblage des zones à forte fréquentation. Le nouvel établissement est d’ailleurs doté de bornes de commande automatiques pour assurer la fluidité du service durant les heures de pointe, tout en rationalisant les coûts opérationnels. La carte y repose comme à l’accoutumée sur une offre courte, articulée autour du fameux « korean fried chicken ».
Avec ce nouveau point de vente, Seoul South Kitchen estime valider son modèle « rapide, efficace et facilement identifiable ». Cette marque belge montante des QSR entend capter une clientèle captive, pressée, mais à la recherche d'une offre de restauration perçue comme pratique et qualitative. Cette standardisation permet en plus une réplication agile d'un site à l'autre.
« 8 millions de chiffre d’affaires »
Forte de sa croissance physique, la chaîne de restauration déclare désormais un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros pour l’exercice 2025. Mais il s’agit d’une croissance commerciale portée par la diversification des canaux et des marques. Ce montant consolide en réalité les ventes en restaurants et en événements (Seoul South Station aime faire la tournée des festivals) mais aussi celles de l’enseigne Bánh Mì Express, une coentreprise avec l’entrepreneur Tam Vo.
Il y a dix ans, ce dernier sillonnait la Belgique en food truck, de festival de musique en festival de street food, « avec pour seul bagage les souvenirs du Vietnam de ma mère et les recettes que nous avions reconstituées ensemble à partir d'eux », explique volontiers l’intéressé. Depuis, six établissements ont ouvert (Madou, Rogier, Schuman, Square de Meeûs, Place du Luxembourg et Brussels Midi) avec une carte s’appuyant sur les typiques sandwichs bánh mì et autres soupes de nouilles appelées phô.
L’écart entre appétence et finances
Aussi prononcé soit-il, le désir pour un produit ne garantit pas seul un business en boni. À la lumière des comptes annuels 2025 marqués par une perte nette d'environ 100 000 euros de la société holding contrôlant le réseau des filiales des deux bannières, il semble que le concept Seoul South Station se porte financièrement le mieux : le restaurant de Gand serait le plus performant, générant un bénéfice multiplié par 60 en l’espace d’un an.
Mais les chiffres dévoilent surtout un groupe de restauration en pleine expansion opérationnelle, confronté çà et là à une forte pression sur sa trésorerie et à des pertes comptables exceptionnelles. La marge brute de la holding a bondi d'environ 52 %, ce qui soutient que l'activité commerciale de base est très dynamique et crée de plus en plus de valeur.
La perte accusée par la faîtière n'est pas structurelle mais accidentelle. L'organe d'administration précise d'ailleurs dans l'annexe que la situation résulte des charges financières non récurrentes. Les administrateurs ont chacun fourni une caution solidaire et indivisible de 85.000 euros. Un risque personnel notable qui illustre leur foi dans le projet.

















