Manhattn’s s’offre la place Saint-Michel à Paris: « La réussite ne dépend pas seulement de ce que l’on construit, mais des personnes avec lesquelles on construit »
En inaugurant leur 13ᵉ restaurant (le troisième à Paris) sur l'emblématique place Saint-Michel, Jérôme et Philippe Vandermeulen franchissent un nouveau cap. Mais derrière ce flagship ultra-convoité de 360 m² se cache plus d'une décennie de défis opérationnels. Retour sur une success-story belge où l’exigence du « fast-casual premium » se conjugue avec une passion viscérale pour l'entrepreneuriat de la restauration.

Frapper un grand coup au cœur du Quartier Latin parisien n'est pas donné à toutes les enseignes. Le vendredi 2 octobre, Manhattn’s a ouvert les portes de son troisième restaurant parisien au 10 place Saint-Michel. Avec un investissement d’environ 2 millions d’euros, la chaîne belge de burgers a transformé une ancienne institution en un temple new-yorkais aux briques rouges et aux notes jaune vif rappelant les yellow cabs. Une scénographie pensée par le studio de design anversois WeWantMore.
« Notre histoire parisienne a commencé avec Montorgueil en 2022, puis Beaubourg. [...] Traverser vers la Rive Gauche ressemble à une grande nouvelle étape pour nous », souligne sur son profil Jérôme Vandermeulen, CEO et cofondateur de la marque. Cette ouverture vient asseoir encore un peu plus la crédibilité de l'enseigne face aux mastodontes de la restauration rapide sur des emplacements à très haut trafic.
L'envers du décor : L’horeca ne se résume pas à un ruban coupé
Derrière les vitrines scintillantes et le succès de leurs burgers grillés à la flamme, la réalité de l'industrie horeca reste d'une exigence redoutable. À l’occasion des douze ans de cette entreprise familiale, Philippe Vandermeulen VP F&B / Supply Chain a levé un coin du voile sur l'envers d'une telle croissance.
« Les gens voient souvent les ouvertures, les réussites, les moments excitants. Ce qu'ils ne voient pas toujours, ce sont les sacrifices, les nuits blanches, les décisions difficiles, les revers et la responsabilité constante qui accompagnent la création de sa propre entreprise », confie-t-il dans un post, insistant sur le fait que l'entrepreneuriat requiert « résilience, courage et une énorme dose de persévérance. »
La passion de l'opérationnel : un métier chevillé au corps
Malgré la pression des recrutements, les défis d'approvisionnement pour garantir des buns frais du jour et l'intensité des ouvertures, le feu sacré de l'hospitalité anime toujours les deux frères belges. « Malgré tout cela, je ne l'échangerais pour rien au monde », affirme sans détours Philippe Vandermeulen. « J'aime sincèrement ce que je fais. La passion, l'exigence dans l'excellence opérationnelle, les gens, les défis, l'opportunité de continuer à apprendre et de construire quelque chose qui a du sens. C'est ce qui me fait avancer, chaque jour. »
Pour ce dirigeant, l’entrepreneuriat en horeca ne se juge pas à l’inauguration, mais à la capacité à tenir la promesse opérationnelle jour après jour. Une vision qui place l'humain au centre de la machine : l'ouverture de Saint-Michel repose sur des mois de préparation et l'engagement d'équipes de terrain solides. Comme le résume le cofondateur : « Le succès ne réside pas seulement dans ce que vous construisez, mais dans les personnes avec qui vous le construisez. »
Les deux frères consacrent une part importante de leurs messages à leurs équipes, signe d’une culture d’entreprise où la qualité de service est présentée comme un actif stratégique. À Paris, ils saluent notamment le travail de Badel Ngouaka Kimfoko et Boye Bathily, responsables de l’ouverture. Pour un secteur confronté aux tensions de recrutement et à la rotation du personnel, ce discours n’a rien d’anecdotique.
Accélérer la cadence et viser la franchise
Aujourd'hui à la tête d'un réseau de restaurants entre la Belgique et la France, les frères Vandermeulen seraient en passe de démontrer la scalabilité de leur modèle. Et la dynamique ne fait que s'amorcer. « Douze ans et 13 restaurants plus tard, on a quand même l’impression de ne faire que commencer », affirme Jerome Vandermeulen dans son post.
Visant un déploiement de 10 à 15 nouvelles adresses françaises d'ici 3 à 5 ans, potentiellement via des master-franchises régionales, le groupe se met en ordre de bataille. « À partir d'ici, nous accélérons le rythme. Il y a d'autres quartiers et d'autres villes à venir, et beaucoup plus de monde à accueillir à nos tables », promet-il, montrant que l'appétit des fondateurs de Manhattn's semble plus insatiable que jamais. Pour eux, aucun doute : « Le meilleur reste à venir », pour reprendre la formule du CEO.
L’objectif affiché reste ambitieux : 50 restaurants d’ici 2029, avec un développement poursuivi sur les marchés existants, ainsi qu’une expansion envisagée vers les Pays-Bas et l’Allemagne.




