Les Belges de Manhattn’s Burgers ouvrent leur 13e et « plus important » restaurant en France
Dernière mise à jour : il y a 3 heures
L’expérience Manhattn’s mais sur la Rive Gauche, à quelques pas de la Seine. Le 2 octobre prochain, la chaîne belge de « fast-casual premium » créée par les frères Vandermeulen ouvre les portes de son troisième restaurant parisien au 10 place Saint-Michel, « au cœur du Quartier latin ». Un nouveau flagship de plus de 360 m² à moins de dix minutes à pied de Notre Dame.

La « place du savoir », une adresse incontournable pendant un siècle. La dynastie Gibert, du nom d’un ancien professeur de lettres qui s’était reconverti en libraire indépendant, y avait accueilli des générations entières de bibliophiles. D’étudiants en droit ou en médecine anonymes à certaines plumes nommées Malraux, Duras ou encore Nothomb. Mais au numéro 10, le grillage de fer s’est refermé depuis mars 2021 sur ce pan d’histoire. L’enseigne n’a pas survécu à la concurrence du numérique ni aux charges immobilières élevées de la capitale.
L’endroit renaîtra en octobre prochain sous une tout autre forme, aux antipodes de son passé littéraire : Manhattn’s Burgers y inaugurera son troisième établissement parisien, après Montorgueil et Beaubourg. La chaîne belge de « fast-casual premium » a investi pour l’occasion 2 millions d’euros pour déployer sur plus de 360m² son univers new-yorkais. À l’intérieur, briques rouges, néons, street art et références à Broadway s’inscrivent dans l’atmosphère particulière du repaire estudiantin qu’est le Quartier latin.
Une offre étudiante exclusive sera d’ailleurs proposée ici à Saint-Michel, dans cette enseigne qui sera ouverte 7 jours sur 7, de 11h30 à 22h30. « Notre ambition est d’amener Manhattn’s sur la Rive Gauche tout en respectant ce qui existe déjà et en nous intégrant à la communauté locale », le cofondateur et CEO Philippe Vandermeulen. « Nous voulons que les étudiants passent nous voir entre deux cours, que les habitants aient leur table habituelle et que les visiteurs nous découvrent parce que nous avons véritablement notre place à Saint-Michel ».
Sans oublier une autre spécificité, la première recette inspirée par l’adresse et disponible exclusivement dans ce nouveau restaurant: le Gibert Cheese. « C’est notre petit hommage à cette histoire marquante. Cela reste pleinement un burger Manhattn’s, mais un burger qui ne pouvait véritablement naître qu’ici », remet en contexte le cofondateur et VP Food & Beverage Philippe Vandermeulen.
« Une façon de faire de l’ancrage local un nouvel ingrédient de la cuisine, dans un marché du burger où la différenciation ne passe plus uniquement par la recette mais aussi par l’identité du lieu », fait valoir l’équipe qui signe son « plus important développement à ce jour », qui emploiera 18 personnes. Et ce, quelques mois après l’ouverture du premier format en milieu commercial, au shopping center de Wijnegem, du côté d’Anvers.
Ambitions personnelles vs. régression sectorielle ?
Les « Vandermeulen Brothers » ont de l’ambition à revendre pour leur concept hybride de burgers, ces produits typiques de restauration rapide mais préparés avec les meilleurs standards de la restauration traditionnelle. Philippe, diplômé de la célèbre école de cuisine Spermalie à Bruges, et Jerome, ingénieur commercial fan inconsidéré de la Big Apple, n’ont jamais voulu sacrifier la qualité depuis qu’ils se sont lancés à Bruxelles en octobre 2014, place Stéphanie, au 164 avenue Louise.
« Du Irish Angus 100 % nourri à l’herbe qui fait toujours son effet bœuf, des steaks grillés à la flamme et non smashés pour préserver le juteux, des buns briochés fraîchement cuits, accompagnés de sauces maison, une carte maîtrisée qui fait voyager à travers différentes influences, une offre qui comprend aussi du poulet grillé, une proposition végétarienne », énumère-t-on sans effort et sans être exhaustif chez Manhattn’s Burgers.
« C’est la troisième étape à Paris avant d’accélérer », assure le groupe belge, officiellement actif sur le marché hexagonal depuis fin 2021. « La France représente déjà 30 % de l’activité globale », qui pèse à l’heure actuelle pas loin de vingt millions d’euros de chiffre d’affaires. « En croissance de 15 %. » Les frères fondateurs de Manhattn’s prévoient désormais deux nouveaux rendez-vous français dès 2027 et visent « 10 à 15 implantations notamment en grande région parisienne, en PACA, autour de Lyon, Bordeaux/Toulouse et dans le Grand Est. » Avec, d’ici 2029, l’objectif optimiste d’atteindre 50 restaurants en Belgique, France, Pays-Bas et Allemagne.
Reste à voir comment les « petits Belges » garderont le rythme sur un marché français potentiellement saturé, où le burger semble faire moins recette. « 2025 marque un véritable tournant historique pour le burger en France », épingle justement aujourd’hui Bernard Boutboul, président-fondateur du cabinet de conseil spécialicé Gira. Selon l’Indice Burger GIRA 2025, « 1,4 milliard de burgers ont été consommés hors domicile, soit une régression de 6,9 % en volume en deux ans. »
Un repli qu’il convient de nuancer car, dans le même temps, le chiffre d’affaires s’est montré plutôt résilient. « À 12,1 milliards d’euros (–0,2 %), essentiellement grâce à l’augmentation du prix moyen, +7,3 % par rapport à 2023 », détaille l’expert en foodservice, voyant une problématique assez binaire. « Deux solutions : soit on casse les prix pour répondre à notre problème de pouvoir d’achat, soit on le retire de la carte parce que la probabilité que ses volumes continuent à chuter est forte ».
Autrement dit, tout un défi pour les enseignes mono-produit… qui plus est, dans un secteur surabondant de chaînes fast-casual déclinant, dans les mêmes environs, toutes sortes de bowls, wraps, tacos, salades voire crousty, avec pour cible souvent un même public.





