En Belgique, McDonald's a encore engrangé un bénéfice record
- François Remy

- il y a 19 heures
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La filiale belge du géant de la restauration rapide affiche une rentabilité qui croit encore, et surtout nettement plus vite que son chiffre d’affaires. Une nouvelle démonstration de l’efficacité du modèle McDonald’s, plus foncière immobilière qu’exploitant de fast-food.

Les temps demeurent incertains pour le secteur de l’horeca belge, mais pas pour le géant américain du burger. Selon les comptes annuels récemment déposés, la filiale McDonald's Restaurants Belgium a généré en 2025 un chiffre d'affaires de 81,7 millions d'euros. Cela représente une progression de 2,5 % par rapport aux ventes des restaurants l’année précédente, pour atteindre le montant le plus élevé depuis la reprise post-covid.
« En 2025, dans la continuité du succès des années précédentes, l'accent a été mis sur de fortes activités marketing, soutenues par les médias. L'idée derrière ces campagnes était d'attirer des clients via la diversification de l'offre de produits. Ces campagnes ont eu un impact positif sur l'évolution du chiffre d'affaires des restaurants », résume Raffaele Daloiso, le managing director de McDonald's en Belgique, dans les annexes comptables.
Pour attirer différents segments de clientèle, la stratégie publicitaire de McDo s'est en effet illustrée par un grand écart maîtrisé entre le très abordable et le premium, en passant par l'exotisme: adressée à celles et ceux soucieux de leur budget, la plateforme McValue a mis en avant des petits formats à petits prix. À l'autre bout du spectre, l'enseigne a continué d'élargir son offre avec une montée en gamme et ses burgers Maestro, aromatisés à la truffe noire ou au chimichurri. L'idée étant d'attirer des profils plus épicuriens et moins regardants à la dépense.
Toutefois, c'est au niveau de la rentabilité que la performance se distingue encore plus nettement. Le bénéfice d'exploitation bondit à 28,7 millions d'euros (+13,3 % vs 2024), tirant le bénéfice net de l'exercice à 26,22 millions d'euros (+ 14,2 %). Cette dynamique traduit à elle seule l’effet de levier du groupe aux arches dorées : la franchise et l’immobilier.
McDonald's Belgique ne gère pas directement de restaurants. Avec seulement une soixantaine d’équivalents temps plein renseignés dans son bilan social, la société emploie les cadres du siège, les fonctions de support, et le département marketing de Diegem. Les milliers d'équipiers en salle et en cuisine restant, eux, à la charge des franchisés indépendants.
Plus de la moitié du bilan, à savoir 126,9 millions d'euros, est ainsi immobilisée dans des terrains et des constructions. Rien qu'en 2025, la filiale belge a investi plus de 16 millions d'euros dans la brique. Tandis que sur le plan de la structure financière, McDonald's ne possède aucune dette à long.
Quant au risque de crédit des créances, rien qui ne soit sous contrôle, évoque le managing director dans le rapport de gestion. « La majeure partie des créances se compose soit de créances interentreprises, soit de créances envers nos franchisés. Les créances interentreprises comportent peu ou pas de risque de crédit. Le risque de crédit relatif aux créances envers nos franchisés fait l'objet d'un suivi rapproché. »
Le total de ses capitaux propres s'élève à 193,3 millions d'euros, porté par l'accumulation historique de bénéfices, reportés d’exercice en exercice, et qui atteignent aujourd'hui la somme de 109,7 millions d'euros. L'entreprise se montre ainsi autofinancée, ses seules ardoises notables se limitant aux dettes commerciales classiques à court terme envers ses fournisseurs.
Cette surcapitalisation offre à l'enseigne une certaine immunité face aux éventuels chocs macroéconomiques. Et pour la vingtaine de multi-franchisés qui orchestrent les 130 McDo du marché belge, c'est l'assurance de pouvoir compter sur une tête de réseau solide, capable de maintenir un rythme soutenu d'investissements promotionnels et technologiques.
Pour la multinationale McDonald's Corporation, ce bilan belge constitue une sympathique petite manne. Au vu de l’importance des bénéfices non distribués qui dorment dans les comptes belges et de l'absence manifeste de besoin de financement externe, le versement prochain d'un dividende vers le siège de Chicago ne surprendrait pas. Contactée pour commenter ces performances financières, alors que ce n’est pas dans les habitudes de la maison, McDonald’s Belgium n’a pas encore eu l'opportunité de réagir.







