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Déjà cinq smart kitchens déployées dans les stations Q8

il y a 4 heures
3 min de lecture
Les stations Q8 de Gand-Zeeschip et Turnhout ont ouvert dernièrement leur « digital food markets » signés Noahs : une cuisine compacte, trois concepts de restauration et une commande digitale, sur borne comme en ligne. Cela porte à cinq le périmètre pilote que l'opérateur pétrolier veut désormais affiner avant toute accélération.
© Q8
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Un simple élargissement d’une offre de snacking? Non, Q8 veut faire de ses stations des plateformes de restauration: « En partenariat avec Panos, Delhaize Belgium Shop & Go, Starbucks et aujourd'hui Noahs, nous développons notre offre numérique pour offrir encore plus de choix à nos clients, tout au long de la journée et jusqu'en soirée », insiste Q8 dans un post annonçant l'inauguration des sites de Gent Zeeschip et Turnhout.

Le principe opérationnel est celui d’une cuisine intelligemment partagée. « Trois concepts de restauration à partir d'une seule cuisine, sur plusieurs moments de la journée. Même superficie, même équipe, mêmes heures d'ouverture », résume Lotte Schouwenaars, Strategic Shop Manager Benelux chez Q8. La boutique poursuit ainsi son activité habituelle, tandis que la cuisine et la livraison fonctionnent en parallèle.


La digitalisation constitue l’autre pilier du format. Les clients peuvent commander sur les bornes installées en station ou en ligne, y compris pour la livraison. Les nouvelles unités s’appuient sur Noahs pour la technologie de cuisine et sur Deliverect pour l’orchestration des commandes digitales.


Pour l'entreprise danoise Noahs, l’enjeu est plus large : utiliser l’infrastructure existante du retail pour créer de nouveaux canaux de distribution alimentaire. Les stations-service disposent déjà des emplacements, des flux, des équipes et d’une base logistique ; l’objectif consiste donc à repenser la chaîne, de la préparation à la vente en passant par la livraison de repas au sein de ce réseau.


Daniel Baven, CEO et cofondateur de Noahs, inscrit cette stratégie dans une évolution structurelle du foodservice : « Je pense que le commerce de détail est la prochaine frontière de la restauration à la demande ». Selon lui, la hausse des coûts alimentaires et salariaux oblige à revoir les modalités de production et de développement des concepts.


« Au cours des prochaines années, je m'attends à ce que les supermarchés et les stations-service prennent une place beaucoup plus importante dans la commande de repas », concède-t-il, tout en l'appelant de ses voeux en tant qu'ancien chef devenu chef d'entreprise. Les magasin et les stations pourraient devenir des hubs alimentaires locaux, où plusieurs marques opèrent depuis une même cuisine et accèdent plus rapidement à de nouveaux quartiers ou marchés.


Q8 assume cependant une approche prudente. « La meilleure façon de comprendre ce qui fonctionne ? Tester, apprendre et écouter nos clients », considère Sarah Pillen, Shop & Dealer Performance Manager chez Q8, réagissant dans un autre post à l’ouverture de la cinquième unités du projet pilote. « Ensemble avec Noahs, nous explorons la manière dont la foodtech peut soutenir cette ambition. »


La priorité porte désormais sur l’apprentissage : ajuster l’offre, les processus de cuisine, l’expérience digitale et le recours à la livraison. « Il s'agit maintenant de tirer les enseignements de ces 5 pilotes, d'affiner le concept et de comprendre ce qui fonctionne le mieux pour nos clients », poursuit-elle.


Le partenariat entre Q8 et Noahs avait été dévoilé en juin 2025, avec une ambition potentielle de 75 stations et hubs de recharge en Belgique et au Luxembourg. Mais les cinq sites actuels doivent d’abord produire un format de foodservice industrialisable. Comme le formule Lotte Schouwenaars : « Un pilote qui ne produit pas un modèle réplicable n'est qu'une expérience. »

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