Alerte à l'hôtel: Pauline Petta passe de la direction d’un resort ardennais à la figure médiatique de sauveteuse hôtelière
Propulsée co-présentatrice de l’émission « Alerte à l’hôtel » (M6 et RTL-TVI) aux côtés de Fred Sirieix, la patronne du Domaine des Hautes Fagnes s’offre une vitrine médiatique rare pour une dirigeante hôtelière belge. Au-delà de ce programme reprenant les codes du populaire format « Cauchemar en cuisine », cette exposition transfrontalière érige Pauline Petta en figure publique du sauvetage d’établissements, associant indirectement sa marque à une expertise managériale de pointe.

Diffusée depuis ce 19 octobre, l’émission Alerte à l’hôtel met en scène deux experts chargés d’intervenir pendant un mois dans des hôtels en difficulté. Pauline Petta y forme un binôme avec Fred Sirieix pour auditer et relancer des établissements en péril en l'espace de 30 jours. Les rôles sont clairement délimités : lui intervient sur la dimension restauration, tandis qu'elle se concentre sur l’hôtellerie. Pour le Domaine des Hautes Fagnes, basé à Waimes, l'opération représente un levier de notoriété exceptionnel. L'image de marque mute : Pauline Petta n’est plus seulement la dirigeante d’un spa & resort ardennais mais une référence publique du sauvetage hôtelier.
Une légitimité construite sur le terrain
La qualité d'experte de Pauline Petta ne repose pas sur une simple exposition médiatique. La légitimité de l'entrepreneuse liégeoise s'est forgée sur le terrain. Sa famille a racheté il y a 17 ans ce lieu abandonné qu'elle a métamorphosé. Elle y est passée par tous les postes, en commençant à la plonge, avant d’en prendre la direction à 23 ans. Elle y orchestre aujourd'hui une équipe de 80 collaborateurs. Elle revendique volontiers une expérience personnelle, elle qui a été une hôtelière en détresse.
Bien avant d'apparaître à la télé, podcasts et réseaux d'affaires wallons avaient déjà mis en lumière son parcours de dirigeante et sa méthode fondées sur le suivi des chiffres. Une crédibilité précieuse dans un secteur où les interventions médiatiques sont souvent perçues comme publicitaires. La « méthode Petta » présentée à l'écran s'appuie sur des métriques chères aux professionnels de l'horeca : l'analyse implacable du dossier financier en amont, puis le pilotage drastique du chiffre d’affaires quotidien et de la masse salariale, érigés en indicateurs décisifs de survie. Pauline Petta insiste cependant sur les limites du format et assure à L'Avenir qu'elle et son co-présentateur ne sont « ni des sauveurs ni des magiciens. »
Le Domaine comme preuve par l’exemple
L’hôtel ardennais a servi de démonstration. Situé au cœur de la réserve naturelle des Hautes Fagnes, dans une zone perçue comme isolée, l’établissement affiche selon Pauline Petta un taux de remplissage annuel de 85%. « Comment fait-on ? Avec un travail acharné et de la stratégie. C’est tout à fait possible », assure l'intéressée.
Ce message rejoint directement les préoccupations des acteurs de la consommation hors-domicile : la performance ne dépend pas uniquement de la localisation, mais aussi du pilotage commercial, de la qualité de l’expérience client et de la capacité à raconter un territoire. Après les annulations liées à l’incendie dans les Fagnes, Pauline Petta dit avoir adapté sa stratégie de communication en montrant la réalité du terrain sur les réseaux sociaux.
Cette médiatisation, soutenue par une couverture de presse très transversale, n'est donc pas le fruit du hasard. Elle vient couronner une réputation à la présence digitale déjà active. Consciente de son nouveau poids médiatique, Pauline Petta ne se contente pas de valoriser son savoir-faire. Elle utilise désormais cette tribune pour porter un message sectoriel: elle appelle les pouvoirs publics à mieux écouter l’hôtellerie et à envisager des mesures de soutien, notamment fiscales. Elle plaide en outre pour un accompagnement professionnel plus solide. Un positionnement qui pourrait, à terme, renforcer son rôle d’experte au-delà de son propre établissement.
Une exposition à double tranchant
La médiatisation comporte toutefois ses risques. Si l'image institutionnelle du Domaine en sort renforcée, le format audiovisuel impose sa propre dramaturgie. Le premier épisode a déjà suscité des critiques dans la presse spécialisée, certains observateurs jugeant le format trop caricatural ou insuffisamment réaliste face aux contraintes économiques des petits hôtels.
Si l'émission vend de l'expertise opérationnelle, elle reste dictée par les codes du divertissement. Pauline Petta assume néanmoins les règles du jeu télévisuel. Elle a précisé à la presse généraliste que les scènes ne sont pas rejouées, tout en reconnaissant que tous les échanges ne peuvent être diffusés. Pour l’instant, elle et Fred Sirieix n’ont signé que pour deux épisodes, la reconduction du programme restant ouverte.
Malgré la fragilité inhérente à ces formats d'immersion, l'enjeu réputationnel reste doublement positif pour l'hôtelière. L’opération installe déjà le Domaine des Hautes Fagnes dans un nouveau registre : celui d’une marque hôtelière belge devenue, par la voix de sa dirigeante, un symbole public de management, de résilience et de relance dans l’horeca.





