Lunch Garden : une résurrection financière prometteuse, à pérenniser commercialement
C’est le récit d’un comeback du foodservice belge. Après une faillite symptômatique, la chaîne de brasseries Lunch Garden revit financièrement. Bénéficiaire, elle renforce ses équipes avec de vraies embauches et relance ses investissements. L’embellie transparaît dans la fréquentation de son restaurant rénové de Wijnegem. « Une véritable dynamique positive », se félicite à raison la CEO Sabine Vanderveken dans la presse régionale. Mais l’enseigne doit encore prouver que ce renouveau financier est celui d’un modèle commercial durable.

« Avec des propriétaires anversois, ça fonctionne », titre ce jeudi la Gazet van Antwerpen (GVA) pour valoriser la résurrection de cette enseigne populaire de la restauration belge. Forte de près de soixante ans d’histoire, Lunch Garden « renoue » avec les bénéfices pour la première fois depuis 2019 et, accessoirement, une faillite déclarée en janvier de l’année passée.
Alors que les pertes dépassaient encore 7 millions d’euros en 2023, l’exercice 2025 a dégagé un bénéfice net de près de 278 513 euros. La direction anticipe désormais une hausse marquée de ce résultat net dans les prochaines années, les coûts directement imputables à la faillite étant désormais apurés. L’ancienne structure pour mémoire ne pouvait plus faire face à une dette de 77 millions d’euros.
Ces chiffres symboliques à plus d’un égard ne peuvent pas encore être considérés comme la preuve d’un redressement définitif. Plutôt un redémarrage réussi. Les comptes de l’exercice 2025 font état d’un chiffre d’affaires de 52,1 millions d’euros, complété par 7,040 millions d’euros d’autres produits d’exploitation, notamment des redevances de franchise et des refacturations. Cela représente une marge de 0,53 % ou, autrement formulé, un bénéfice d’environ 53 centimes pour 100 euros de chiffre d’affaires.
Un redémarrage sélectif
Le fonds anversois CIM Capital, déjà connu pour avoir redressé Veritas, a repris les deux tiers des restaurants de Lunch Garden pour créer le périmètre resserré de la nouvelle société. Seul actionnaire, il a fermé les implantations les moins rentables ou situées dans des zones peu attractives. Cette sélection du réseau a naturellement permis de repartir sur une base plus saine. La « brasserie des Belges » opère désormais 42 restaurants, dont 25 en gestion propre et 17 en franchise.
Seulement voilà, le défi n’est plus seulement financier : il consiste à faire revenir durablement les clients dans une enseigne accessible, très ancrée dans le paysage belge. Et à Wijnegem, que seuls six petits kilomètres séparent du centre-ville d’Anvers, le restaurant rénové sert à la fois de laboratoire au nouveau concept et de vitrine à la stratégie de redressement. « Notre chiffre d’affaires à Wijnegem a bondi de 28 % », précise Sabine Vanderveken, la CEO de Lunch Garden, à GVA, grâce notamment à la reconfiguration des lieux, la mise en place d’une circulation libre entre buffets et bar central.
L’offre culinaire renouvelée séduit davantage, les lieux attirent familles et couples de seniors. Le prix demeure un argument décisif pour l’attractivité. Préserver cette accessibilité tout en modernisant l’expérience constitue sans doute un équilibre commercial délicat à tenir.
L’emploi comme indicateur de reprise ?
La reprise de la fréquentation se traduit directement dans les effectifs des restaurants exploités en propre. « En l’espace d’un an, nous avons recruté 66 personnes au sein des 25 établissements gérés en propre », détaille la CEO. Cette progression des emplois fixes renforce la crédibilité du redressement : cela ne repose pas uniquement sur une amélioration comptable, mais sur une demande commerciale retrouvée. Elle accroît toutefois aussi le coût fixe du réseau, ce qui rend la soutenabilité du trafic et du ticket moyen encore plus importante.
Investir à nouveau, cinq restaurants par an
Le retour aux résultats positifs permet à la direction de relancer les travaux. « Une véritable dynamique positive s’est installée, car nous disposons à nouveau des fonds nécessaires pour investir », souligne Sabine Vanderveken auprès du média anversois. L’enseigne maintient un rythme de cinq rénovations par an.
L’établissement de Lierre doit faire l’objet d’une refonte complète vers la fin de l’année prochaine, tandis que celui de Schoten est annoncé pour 2028. L’enjeu sera de reproduire les performances de Wijnegem sans se limiter aux sites bénéficiant d’une exposition exceptionnelle dans un centre commercial.
Un format urbain encore à inventer
Au-delà des rénovations, Lunch Garden prépare une diversification, travaillant au déploiement d’un tout nouveau concept de restaurant « pensé pour les cœurs de ville » où l’enseigne reste sous-représentée. Ce futur format, qui opérera sous une enseigne distincte, proposera un service à table et une carte ancrée dans la gastronomie belge classique, enrichie de nouvelles propositions.





