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Accord USA-Europe : L’industrie alimentaire européenne craint pour sa compétitivité

Dernière mise à jour : 30 juil.

Au lendemain de l’entente survenue entre Donald Trump et Ursula von der Leyen, si la taxe douanière a été clairement établie à 15% sur les produits que l’UE exporte vers les États-Unis, les conséquences réelles restent incertaines et les difficultés pesantes. Notamment pour l’industrie alimentaire.

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Le président américain et la présidente de la Commission européenne ont donc accordé leurs violons pour qu’une taxe douanière de 15% frappe les produits de l’UE entrant aux USA. Même si une imposition n’est jamais agréable à subir, cela met fin à des mois de menaces démesurées évoquant le double du taux arrêté, ce qui s’annonçait dévastateur pour les producteurs du vieux continent dépendant des ventes outre-Atlantique pour leur huile d’olive, leurs vins et leurs fromages par exemple. Cet accord apporte au moins de la clarté et une relative dose de certitude.


Cependant, il en ressort un sentiment d’accord purement politique, sans avoir d’indications exactes sur l’interprétation qui en sera concrètement faite. Naturellement, il s’agit d’un sérieux durcissement commercial par rapport au taux moyen de 1,2% en application avant le retour de Trump à la Maison Blanche. De facto, les produits agroalimentaires d’Europe seront désormais moins compétitifs, ce qui risque d’entraver les opportunités de croissance sur ce marché si porteur, épingle le CELCAA (Comité européen de liaison des échanges agricoles et agroalimentaires), l'organisation faîtière des associations et entreprises européennes basée à Machelen.


Quels aliments et quelles boissons en pâtiront le plus ?


Pour l’heure, le président américain ne s’est pas montré très explicite sur la façon dont la nouvelle taxe serait appliquée sur les différents produits européens. Difficile dès lors pour les exportateurs européens de chiffrer les coûts additionnels, de prévoir les réductions de marges pour tenter de les absorber ou de les répercuter sur les consommateurs.


Les entreprises vont certainement revoir plus globalement leur chaîne d’approvisionnement, en optant pour des pays aux droits de douane moins élevés à l’instar du Mexique. Une situation qui ne dissipe pas toutes les craintes et peut même introduire de nouveaux risques liés à la politique, l’économie, aux infrastructures voire au climat.


En Belgique, on s’inquiète assez spontanément pour les frites et le chocolat. « Il y a vraiment trois secteurs qui sont plus exposés que d’autres : celui de la transformation de la pomme de terre, c’est-à-dire, les frites, celui du chocolat et de la confiserie et puis celui de la pâtisserie, la boulangerie, les gaufres et les biscuits », précisait à la RTBF la porte-parole de la Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire belge, depuis les allées de la Foire agricole de Libramont. Avec un chiffre d’affaires de 75% sur le marché américain, les craintes de ces secteurs sont loin d’être infondées.


Des répercussions inévitables ?


Derrière le symbole discutable de cette entente américano-européenne, un vaste chantier de repositionnement industriel et commercial s’ouvre, avec de nouvelles négociations auprès des acheteurs et de nouveaux schémas de répercussions des coûts. Les États-Unis, c’est le quatrième partenaire commercial de l’industrie alimentaire belge, représentant 2,5 % du total des exportations pour un montant d’environ un milliard d’euros. À titre indicatif, le poids économique des exportations alimentaires monte à plus de 73% pour l’Europe.


Au moment d’écrire ces lignes, les consommateurs belges ne sont pas directement affectés. Mais par effet de domino, si les Américains étaient amenés à payer la note politique, ils pourraient se détourner de nos produits, et la perte de compétitivité européenne là-bas se ressentirait sur le marché unique d’ici. Une faiblesse dans un contexte particulier si l’on en croit les exportations de l’industrie alimentaire wallonne, dont la production a atteint l’année dernière son niveau le plus bas depuis 2017 (-2,9% du chiffre d’affaires).



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