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AB InBev : la bière ne recule pas, elle change de rôle

il y a 17 heures
3 min de lecture
Entre stagnation des volumes de bière, météo capricieuse et essor des alternatives, les résultats trimestriels d'AB InBev décrivent l'avenir du secteur: la diversification de l'offre et l'optimisation de la valeur par client.

Volumes en berne et sensibilité du canal horeca. Les résultats du troisième trimestre d’AB InBev offrent une lecture nuancée du marché des boissons. Le groupe affiche une croissance de chiffre d’affaires de 4,9%, mais ses volumes mondiaux de bière reculent de 0,1%, tandis que les volumes « non bière » progressent de 4%. La valeur se déplace vers le premium, le sans alcool et les alternatives.


Une normalisation, pas un effondrement


Le recul des volumes de bière doit être lu comme une normalisation plutôt que comme un choc. AB InBev a enregistré une progression globale de 0,4% de ses volumes sur l'ensemble des trimestres écoulés, portée par les boissons non brassées, et son chiffre d’affaires atteint 16,51 milliards de dollars.


La croissance provient surtout du revenu par hectolitre, en hausse de 4,2%, soutenu par la premiumisation et le « Beyond Beer ». Autrement dit, le brasseur vend relativement autant, mais mieux : des marques plus fortes, des portefeuilles plus premium et une offre élargie.


L'horeca sous surveillance


Le point le plus sensible qui intéressera le secteur de la restauration se trouve en Chine, où les volumes chutent de 16,8%. Des pluies torrentielles y ont déserté les terrasses et restaurants. Face à cette instabilité, Fernando Tennenbaum, directeur financier d'AB InBev, résume l'état d'esprit du brasseur : « Nous ne pouvons contrôler que ce qui est sous notre contrôle. »


Cette situation ne préjuge pas du marché belge, mais elle rappelle une mécanique connue : lorsque la fréquentation des lieux de consommation recule, la bière en est directement affectée. La preuve, sur le marché chinois, la mauvaise météo a « découragé les gens de boire dans les bars et les restaurants ».


Pour les exploitants, l’enjeu n’est donc pas seulement le prix de la bière, mais la capacité à faire venir le client, à prolonger la visite et à augmenter la valeur de chaque occasion de consommation.


Diversifier sans diluer l’identité


Pour dégager un chiffre d'affaires en hausse (+4,9 %), le premier brasseur de la planète compense le tassement des volumes par la valorisation de son portefeuille. Ses « mégamarques » surforment, à l'image de Stella Artois dont les volumes bondissent de 19 % hors de son marché d'origine. Le directeur général Michel Doukeris souligne que ces chiffres « reflètent la force de notre empreinte diversifiée », tirée par l'expansion du « Beyond Beer » (cocktails prêts-à-boire, seltzers) et des bières sans alcool.


Les chiffres d’AB InBev confirment la montée en puissance des alternatives. Le chiffre d’affaires de la bière sans alcool progresse de 35%, tandis que le portefeuille « Beyond Beer » augmente de 19%. Pour un café, une brasserie ou un opérateur de catering, cela plaide pour une carte plus résiliente : bière sans alcool de qualité, softs premium, cocktails ou RTD, eaux et options faibles en alcool. L’objectif n’est pas de remplacer la bière, mais de ne plus dépendre exclusivement d’elle.


Ce qu’il faut retenir


Les résultats d’AB InBev sont informatifs sur la normalisation du volume bière, illustratifs de la sensibilité du canal horeca et stratégiques parce qu’ils invoquent une diversification de l’offre. La bière reste centrale, mais sa croissance ne peut plus être tenue pour acquise.


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