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Les tendances « santé » serrent la ceinture au foodservice

INSIGHT – Un véritable bouleversement pour le foodservice belge est déjà en cours : la montée du « better-for-you » et des traitements GLP-1. Des tendances qui auront un impact non négligeable sur des catégories jusqu’ici très porteuses.


Outre l'augmentation des coûts alimentaires, un autre bouleversement est déjà en cours dans le foodservice belge : la montée du « better-for-you » et des GLP-1, ces traitements anti-diabétiques aux effets amaigrissants. Dans un effet cocktail, ces deux tendances liées à la santé pourraient représenter un impact négatif non négligeable sur les catégories de snacks sucrés, salés et boissons softs.


La santé devient progressivement l’un des moteurs les plus puissants de transformation de la consommation alimentaire. Selon McKinsey, 57 % des consommateurs européens classent désormais la santé parmi leurs trois premiers critères d’achat alimentaire, soit la progression la plus rapide de tous les attributs sur les deux dernières années.


Trois quarts recherchent activement des fruits et légumes frais ; environ 60 % privilégient les aliments riches en protéines et en fibres ; près de la moitié déclarent limiter le sucre, l’alcool, les arômes artificiels et les aliments ultra-transformés.


Cette tendance dépasse le lifestyle. Et les traitements GLP-1 de type Ozempic, Wegovy, et compagnie commencent à accélerer le mouvement. Selon Roland Berger, les utilisateurs réduisent leur apport calorique de 15 a 40 % et développent une aversion accrue pour les aliments sucres, gras, sales et alcoolises. Aux États-Unis, le nombre de patients traites pourrait atteindre 134 millions d'ici 2031, soit sept fois le niveau de 2023 .


La Belgique se situe à un stade plus précoce, mais l'inflexion est deja visible. L'INAMI a remboursé pour 76 millions d'euros de ces médicaments en 2024, soit trois fois le niveau de 2021. Avec 2 à 2,5 millions de Belges en situation d'obésité, le sujet est à la fois sanitaire, politique et économique .


Selon Roland Berger, les dépenses alimentaires des utilisateurs de GLP-1 pourraient diminuer de 6 à 9 %, avec un impact particulièrement marqué sur certaines catégories : -11 % sur les chips et snacks salés, -9 % sur les produits de boulangerie sucrés et -7 % sur les boissons softs. À l’inverse, les meat snacks progresseraient de 1 %, les produits frais de 1 % et les yogourts de 2 %.


Au total, selon The Cube, notre modèle de données exclusif, 38 % du foodservice belge sont exposé à ce basculement, soit 6,04 milliards d'euros de consommation. Avec une réduction projetée de 9 %, l'impact potentiel atteint dès lors 543 millions d'euros.


Les boissons alcoolisées (18,4 % du mix foodservice vs 13,7 % en retail), les boissons non alcoolisées (15,6 % vs 12,7 %) et les snacks sucrés sont les catégories les plus exposées. Les seules boissons sucrées représentent près de 952 millions d'euros de valeur consommateur en Belgique.


Mais cette transformation crée aussi de nouveaux gagnants. Le frais et le surgelé représentent déjà 30,4 % du foodservice contre 22,7 % en retail. Structurellement, le foodservice est donc mieux positionné que le retail pour bénéficier du déplacement progressif vers des produits perçus comme plus nutritifs, protéinés ou fonctionnels. La santé devient progressivement une forme de premium acceptable.




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