Fermeture de Villa Traiteur à Waterloo : Les Litvine vendent la plupart de leurs boutiques
« Après trois belles années à vos côtés, nous avons pris la décision de fermer les portes de notre boutique de Waterloo », indique le site web de Villa Traiteur, enseigne du groupe Litvine Society, dont l’équipe invite les clients à retrouver le savoir-faire aux trois autres adresses. « À l’autopsie, il s’avère que notre département traiteur n’est pas assez étendu pour autoriser de telles dépenses de personnel », nous a confié Serge Litvine, le fondateur de l’entreprise familiale.

« Fermeture du magasin de Waterloo. Une page se tourne… », affiche sobrement le site web de Villa Traiteur, marque du groupe Litvine Society dont l’aventure horeca a commencé avec le rachat en 2010 de l’honorable Villa Lorraine, premier tri-étoilé, et exploite aujourd’hui sept restaurants et désormais cinq traiteurs. « Nous tenons avant tout à vous remercier sincèrement pour votre fidélité, votre confiance et tous les moments partagés avec nous », poursuit le message avant de donner rendez-vous à la fidèle clientèle dans les trois autre boutiques, à Uccle, Lasne et Stockel, « où vous retrouverez le même accueil, les mêmes produits et tout notre savoir-faire. »
Une décision difficile à prendre, mais prises dans le cadre d’un plan de restructuration et de réduction des coûts. Cette année, Serge Litvine, fondateur et actionnaire minoritaire, a progressivement transmis la gestion de l’entreprise à Vladimir et Tatiana, deux de ses enfants. Une entreprise qui était grevée d’une perte à sept chiffres à la clôture des comptes de son exercice 2025, après avoir subi une inflation « très importante de l’énergie, des matières premières et du coût du personnel ». La direction est ainsi occupée par une réorganisation, pour redynamiser La Villa Lorraine, assainir les charges de l’atelier des magasins. « Ces restructurations ne prendront sans doute effet réellement que fin 2026 et courant 2027 », écrivaient en juin dernier Tatiana et Vladimir Litvine dans leur rapport de gestion à l’assemblée générale.
« Quand on propose des produits de luxe dans nos plats, c’est compliqué de descendre les prix »
« Nos traiteurs ont perdu beaucoup d’argent », nous a confié le patriarche Serge Litvine, lors d’une rencontre avec sa relève à l’issue d’un mois d’août caniculaire (interview croisée à retrouver dans notre édition spéciale du magazine Foodservice). « La perte d’une étoile à la Villa Lorraine et l’annonce du départ d’Yves Mattagne ont fait du tort à une maison qui n’était déjà que tout juste rentable. » Ces événements ont eu pour conséquence une diminution de fréquentation. Mais la situation des traiteurs découle d’autres raisons.
« Trois choses. D’abord un problème de qualité et de régularité. Ensuite, la concurrence exacerbée avec la grande distribution désormais ouverte le dimanche et tard le soir. Cela fait du tort à nos traiteurs ouverts systématiquement le dimanche. Certaines enseignes proposent des plats traiteurs élaborés et peu chers », nous a expliqué Serge Litvine. « Cela nous amène à la troisième raison : le positionnement des prix. Mais quand on propose du turbot et d’autres produits de luxe dans nos plats, c’est compliqué de descendre sous un certain plafond. »
« Nous ne nous rendions pas compte de l’impact de ces exigences réglementaires »
Le modèle des traiteurs se heurte à une équation commerciale intenable. Ce constat, aggravé par des défis persistants, a logiquement soulevé une option alternative : vendre ces boutiques ? « Oui, sauf la Bottega Largo évidemment et Uccle », a confirmé le fondateur du groupe de retauration. « Dans la première, tout est fait sur place sans intervention de la cuisine centrale. Uccle sera approvisionné par la Villa Lorraine comme c’était le cas avant. Avoir une cuisine centrale implique de respecter des critères très exigeants de l’Afsca. Cela nous coûte trois emplois temps plein rien que pour cela. Nous ne nous rendions pas compte de l’impact de ces exigences quand nous avons étendu nos traiteurs. À l’autopsie, il s’avère que notre département traiteur n’est pas assez étendu pour autoriser de telles dépenses de personnel. »
Les marques d’intérêt ne se sont pas fait attendre. Au moment de la rencontre, les premières négociations avaient achoppé. La recherche d’un repreneur demeure sélective, mais les Litvine temporisent pour saisir les bonnes opportunités. « Il y a d’autres pistes. Mais nous prenons notre temps », ponctuait le fondateur.





