top of page

Darts. touche la cible de l’eatertainment

Un concept de fléchettes transformant un trivial loisir de café en expérience de divertissement de qualité. Comment Darts. fait coexister commercialement bar bruxellois, petite restauration sympa et jeu né dans l’Angleterre médiéval ? Le fondateur Laurent Neukermans dévoile sa technique.

© GONDOLA FOODSERVICE
© GONDOLA FOODSERVICE

« Je me suis incrusté tel un imposteur au congrès de Gondola Foodservice », ironise Laurent Neukermans. Pourtant la petite entreprise qu’a récemment créée cet ancien stratège de Google lui donne la légitimé de détailler son concept innovant : Darts. « Un bar dans un style speak-easy un peu brut où l’on jette des fléchettes high-tech ».


Lancer des produits, conquérir des marchés, prêcher la maturité numérique … Pendant des années, cet ingénieur de gestion avait accompagné la croissance des autres. Mais à force d’optimiser des business, une interrogation a pris de l’ampleur : et lui, que voulait-il vraiment construire ? La crise existentielle le pique au vif. Sa réponse : un établissement de « socialisation compétitive » inauguré à l'automne 2025 sur la place Jourdan, à Etterbeek.


« Pour la première fois de ma carrière professionnelle, je me sens épanoui dans ce que je fais. Même les massages gratuits, la nourriture à volonté, les gens incroyables de Google ne peuvent rivaliser avec ce sentiment », plaisante le fondateur au moment de l’inauguration de Darts.Brussels.


Le sport de café s’y trouve agrémenté de cibles interactives, avec tracking des fléchettes par computer vision pour comptabiliser automatiquement les points. Le jeux s’y décline en une douzaine de versions, de la classique 301 à un mode « mini-golf » où la trajectoire des lancers oriente une balle sur un terrain projeté en parallèle.


Une idée folle, de son propre aveu, qui a germé lorsqu’il vivait à Paris. Laurent Neukermans fréquentait alors assidument un bar à fléchettes voisin, qui utilisait justement cette même technologie. L'intuition a depuis laissé place à un projet réfléchi…

2,2 millions de lancers plus tard


Comment transformer un passe-temps traditionnel en un modèle économique? En s'appuyant sur son expérience au sein de géants comme Unilever, le fondateur de Darts. redéfinit la « sortie type » pour combler ce qu'il a identifié comme un vide sur le marché belge. Contrairement au bar classique, l'activité de fléchettes devient ici le point central. Elle sert de catalyseur pour susciter une rivalité amicale entre amis, collègues ou familles.


Ce n'est plus un café qui propose un jeu, mais une destination de divertissement qui offre l'hospitalité. La premiumisation repose alors sur l'exigence de qualité, en termes de nourriture, de boissons et de service/expérience. Cette transformation passe naturellement par le cadre. Darts.Brussels mise sur un environnement invitant, esthétique et partageable sur les réseaux sociaux, dépoussiérant l'image de la cible en liège égarée sur le mur au détour d'un comptoir.


En six mois d'existence, l'établissement a accueilli plus de 22 000 joueurs pour plus de 5300 sessions. Ces chiffres indiquent que l'engagement dans le jeu soutient un flux de clients pour la partie bar et restauration. Surtout que le concept parvient à faire cohabiter des profils très variés : « de 13 à 69 ans, tout le monde est notre public cible », résume Laurent Neukermans.



Des enterrements de vie de célibataire, des événements d'entreprise, des « date nights », ou même des… clubs de lecture. Cette diversité permet d'occuper l'espace sur différentes tranches horaires.


Et, au-delà du jeu de fléchettes, l’ambition affichée reste la connexion. Le bar et la restauration ne sont pas des accessoires, mais les outils qui permettent de prolonger l'interaction sociale initiée par les fléchettes.


« La bière est reine »


Le modèle repose sur deux sources de revenus distinctes : la location des cibles et la consommation sur place. Cette double entrée sécurise les marges. « Le panier moyen par groupe est de 60 euros », détaille le fondateur de Darts.Brussels. « Avec une taille de groupe moyenne de 3 personnes ».


Dans les catégories de produits, la bière génère a elle seule près de la moitié du chiffre d’affaires F&B de l’adresse, avec des marques fortes dont le podium se compose comme suit : Stella, Delta IPA et Chouffe. Tandis que les cocktails et les finger foods contribuent ensemble à près d’un tiers des ventes.


C’est que les clients passent plus de temps dans les établissements de « socialisation compétitive » que dans des bistrots ou bars classiques. Ce qui augmenterait mécaniquement les opportunités de consommation.


Laurent Neukermans décrit même son concept comme « résistant à la récession », car il offre une expérience à forte valeur ajoutée et partageable pour un coût par personne restant accessible. Sans oublier que l'efficacité opérationnelle bénéficie d’un concept réputé à maintenance faible, car « le temps est notre la ressource la plus rare », ponctue le patron de Darts.


En tout cas, la rentabilité de son enseigne sera aidée par l’impeccable réputation: une note moyenne de 4,9/5 sur Google, après 180 avis. Une utilisatrice porteuse du label de guide local, émis par le célèbre moteur de recherche pour ses près de quatre cent commentaires, résume à elle seule le rating: « Un endroit vraiment sympa pour passer un bon moment ! Le concept des fléchettes est hyper amusant, on ne voit pas le temps passer. Les cocktails sont excellents, l’ambiance est conviviale et le personnel très accueillant. »


Laurent Neukermans conclut que « nous ne sommes pas un bar, nous sommes une communauté ». Darts. Brussels a-t-il réussi à institutionnaliser un loisir populaire en le structurant autour de l'expérience client? Le temps et l’évolution de la communauté nous le diront.


bottom of page